Covid-19 – Confinement Routier

Covid-19 – Confinement Routier

Nous sommes en mars 2019 et rien ne va plus.

Le Coronavirus se répand, le monde est en mutation et en France aussi, nous sommes confinés.

 

En ces jours étranges , les français restent chez eux. Enfin, la plupart en tout cas. La France est divisée. En effet, il y a ceux qui ont la chance d’être salarié et qui peuvent travailler de chez eux en gardant leur salaire, il y les free-lances comme moi, qui ne travaillent plus et qui vont droit vers le mur et cette chute libre est effrayante de vertige et enfin, il y a ceux qui travaillent pour nous. Pompiers, corps médical, éboueurs, pharmaciens, caissiers, paysans, routiers et j’en oublie tellement ils sont nombreux à prendre soin de nous, d’une façon ou d’une autre.

Nous sommes en guerre disait le Président. Cet état d’urgence fait peur à la plupart des gens. Cette obligation à rester chez soi, c’est difficile. Difficile quand on a les gosses à la maison. Oppressant quand on est seul dans un 20m2 à Paris. Frustrant quand on est confinés et que le sport doit se faire entre quatre murs ou sur un balcon. Alors oui, c’est difficile pour nous tous et c’est encore pire pour ceux qui nous soignent et les français s’en rendent enfin compte. Il était temps !

 

Gloire aux soignants !

 

Cela fait 6 ans que je travaille dans le secteur hospitalier très régulièrement.

C’est un monde dans lequel j’aime profondément travailler. Entre reportages photographiques et films, j’ai dû réaliser plus d’une cinquantaine de reportages à travers la France. Certains m’ont marqué à vie. Pendant toutes ces journées de travail, en discutant avec le personnel soignant ou les cadres de santé, leur situation précaire était tellement évidente. Je voyais déjà les galères de trésorerie, de planning, d’absentéisme à répétition, je voyais déjà le personnel en rade depuis longtemps. Mais alors là ?! Je n’ose imaginer à quoi ressemblent les services où j’ai fait des images et tous les autres bien sûr !! Quelle horreur !!

Et dans tout ça, nous, les autres, ceux qui sont chez eux toute la journée depuis quinze jours maintenant, on s’occupe. Je pense que la plupart des logements français sont aujourd’hui plus que propres et rangés. En effet, nous avons eu le temps de vider les placards, de les nettoyer, de les ranger, de soulever les tapis, de nettoyer nos vitres, d’enfin finir les corvées de linge et nos vmc sont impeccables. Ça y est, c’est bon, tout ça est nickel. Personnellement, j’ai profité de l’occasion et du soleil omniprésent (cette chance ! ) pour créer tous les meubles de ma terrasse. Du bois, des vis, de la récup’ et hop, table, table basse et banc sont faits, montés, poncés etc. J’achèterai la peinture quand mes comptes seront au vert (si le vert revient) et quand les magasins de bricolage seront ouverts.

Ok. Et maintenant ?

 

Quand l’appareil photo démange.

 

Savez-vous à quel point il est difficile pour un photographe de ne pas pouvoir sortir et documenter tout ce qui se passe ? Cela fait plus de quinze jours que je suis chez moi à recevoir des coups de fil me disant que tous mes contrats sur mars, avril, mai et juin ont été annulés ou reportés. Je vois mon chiffre d’affaire réduit à néant et sans perspective d’avenir. Et dans tout ça, je pourrai me dire que ce n’est qu’un cap et qu’en attendant, je pourrai aller travailler pour documenter… Mais non. Je reste chez moi. Alors, je joue avec mes Fujifilm X-Pro2 et X100F. J’essaie de nouveaux réglages et je me forme avec des photographes dont je suis le travail depuis longtemps. Sur Youtube, je me gave de vidéos sur les chaînes où les pros nous permettent d’apprendre à travers eux. Quant aux quatre appareils que j’utilise pour mon travail (deux en photo, deux en vidéo) sont propres, sans une poussière qui traine. Évidemment, il en va de même pour mes objectifs bien sûr. Bon… Et après ?

Que c’est frustrant de ne pouvoir aller à Chartres documenter ces rues vides, les quelques passants qui passent façon street photography. Que c’est frustrant !!!!

 

Bref… Cela fait un moment que j’écris et tout ça part dans tous les sens. Recentrons-nous si vous êtes toujours là.

 

Donc, j’ai une fille. Elle est formidable, cela est évident ! Avec ma charmante ex-femme (graphiste brillante que je vous recommande vivement – son site est ici -), nous nous partageons la garde de notre petite blonde. Samedi dernier, j’ai donc pris ma voiture pour aller récupérer ma fille et bien sûr, sur le siège passager, dans ma besace attachée à la ceinture de sécurité, il y avait mes deux boitiers Fujifilm !! En effet, j’avais dans l’idée de faire quelques images de ces routes désertes. Qu’elle est étrange cette ambiance sur la route. C’est vide. On se croirait dans un début de saison de série de zombies, avant qu’il n’y ait plus d’essence à siphonner. Malheureusement, la comparaison avec The Walking Dead s’arrête là ! 😉

 

Ainsi, j’ai choisi mon Fujifilm X100F pour faire mes images.

 

Au final, j’ai fait trois séries différentes :

1- la première avec la route comme seul sujet,

2- la seconde avec des autoportraits (en jouant avec mon ombre sur les routes)

3- la dernière sur une camionnette blanche (je suppose que vous voyez desquelles je veux parler).

Bon, tout ça pour dire que j’ai donc réalisé trois séries. Toutes les photographies ont été faites au X100F et toutes en jpeg avec la simulation de film Acros (avec des réglages perso en plus).

 

Et voilà, j’arrive au bout de ce que j’avais à vous dire et vous livre tout cela ici en espérant que vous aimerez ces images. Et si vous êtes sages (je saurai vérifier !! ), je diffuserai un autre article avec les images faites à la maison pendant cette période compliquée. Prenez soin de vous, aimez-vous, soyez lumineux et restez chez vous. Enfin si vous me lisez post-confinement, merci de bien vouloir aller en forêt et faire un câlin aux arbres de ma part.

 

Guillaume

 

1 – La route.

(cliquez sur les images pour les agrandir)

 

2 – Autoportrait routier.

(cliquez sur les images pour les agrandir)

3 – La Camionnette.

(cliquez sur les images pour les agrandir)